•    Pour ce dernier compte-rendu, je vais faire un effort d'écriture supplémentaire.

       D'abord, le matin, je me mets en route pour Ouistreham, dont je ne sais rien - si ce n'est que Florence Aubenas y a mené une expérience journalistique consistant à enquêter de l'intérieur sur le travail précaire, en se faisant embaucher comme une pôleuse lambda. De son bouquin je ne connais que le thème, de Ouistreham je ne connais donc rien, ni de son quai, dont il est fait mention dans le livre sus-évoqué.

       Alors que je roule dans cette direction, ma route suit un cours d'eau dont je n'ai pas cherché à connaître la nature. À peu près aussi large que la Sèvre à son embouchure, ça doit être l'Orne.

      Soudain, je prends conscience d'une énorme masse polygonale qui a envahi le panorama champêtre à ma droite. Un cargo. Des grues. En rase campagne, sur ce petit ruban de flotte. On n'imagine pas un cargo sur la Sèvre, même à son embouchure, si ? Ni une, ni deux, je stoppe. Tant pis pour le contre-jour,  je commence à avoir acquis de la technique, alors je mitraille. Trouver des espaces dans la végétation haute de la berge, et puis tenter des cadrages un peu soignés et pourquoi pas inattendus. Des avirons qui passent en plus à ce moment-là, pour s'intégrer à mes images, ça sent la bonne pêche !

       Je peux repartir confiant vers Ouistreham, je suis déjà assuré de ne pas revenir bredouille. Un peu plus loin, la route emprunte un drôle de pont, sur le pseudo-cours d'eau dont j'ai découvert depuis qu'il s'agit du canal de Caen à la mer. Un pont métallique tout blanc avec d'immenses roues dentées pour se soulever, ou tourner d'une quelconque manière, j'imagine. Encore du grain à moudre, une pêche miraculeuse s'annonce ! Re-stop, et c'est parti mon kiki, je dégaine Nikon, que je fais immédiatement chauffer. Je ne suis pas seul sur le coup, deux autres photographes sont là, y en a même un avec un trépied. Je vais faire mon truc discrètement de mon côté...

       Pendant le mitraillage, je prends connaissance de la littérature sur panneaux installée pour l'édification des passants : je suis en train de photographier "Pegasus Bridge", ainsi dénommé d'après l'emblème des parachutistes anglais, ici largués aux premières heures du 6 juin 1944 pour en prendre le contrôle. J'apprends en m'approchant de l'espèce d'auberge voisine qu'il s'agit de la première maison sur le territoire français à avoir été libérée, quelques heures avant le débarquement. (Existe-t-il un semblable affichage sur la deuxième maison à avoir été libérée ? Quelqu'un sait-il laquelle est la deuxième ? Je m'égare un brin...)

       Angles un peu risqués, jeux sur la profondeur de champ, subtils cadrages... Tout ne sera pas bon, forcément, mais lors du chargement sur l'ordi ce soir, parmi les scories se trouveront forcément quelques pièces de qualité, j'ai grande confiance !

       Et hop, re-re-en route pour Ouistreham !

       J'arrive à Ouistreham, sans plus avoir rencontré d'exceptionnels sujets photographiques, mais à peine la voiture garée, le premier objet que rencontre mon regard est le mur de la propriété qui jouxte le parking, et ce mur réclame d'accéder à l'immortalité par pixellisation immédiate. Des pierres apparentes présentant un dégradé de jaunes-ocres-bruns, sous un chapeau de végétation, je ne peux pas lui refuser cela et lui fait cadeau d'une série de shots variés.

       Je finis par arriver au bout de ce mur, et là, se dresse une église, devant laquelle concialiabulent quelques croque-morts auprès de leur corbillard. Irrésistible ! Et puis sur la plage, des cabanes de plage, clic ! clic ! clic ! Des chars à voile en rang d'oignon : de l'or pour moi.

       Je quitte Ouistreham sans rien savoir de plus sur son quai qu'en arrivant, mais lessivé des torrents d'inspiration qui m'ont traversé, pas sûr de pouvoir encore être capable de grand chose à Cabourg. Oui, une photo du parapet du remblais où voisinent la pancarte bleue annonçant la "promenade Marcel Proust", et un panonceau annonçant l'interdiction des chiens. Je prévois de la publier accompagnée d'une légende impayable : "On peut promener son chien, pas son écrivain".

       Ainsi se termine cette vadrouille normande. Ne restait plus qu'à charger les images de ce jour 4 et dernier jour. Bof.

     

    contre-jour : 1 - Bigtom : 0

    Côte normande jour 4, dernier jour

     

    C'est bien d'être sensible et de laisser entrer le soleil, mais pas trop non plus, sinon c'est pas net :

    Côte normande jour 4, dernier jour

      

    Mention passable :

    Côte normande jour 4, dernier jour

    Pin It

    votre commentaire
  •    Une usine à nuages

    Côte normande jour 3

       Étrange journée ce jour 3. Il ne fait plus froid, les doigts peuvent rester sur l'appareil photo sans risquer la congélation, je vais donc pouvoir m'en donner à coeur joie, mitrailler à plein régime... Et en fait non. Mal aux pieds à force de piétiner, ampoules. Fatigue. Pas d'inspiration.

       Oui, la plage du Butin à Honfleur, c'était bien. Une immense plage dans l'estuaire de la Seine, avec magnifique vue sur les raffineries du Havre, dont on a l'impression que les seuls nuages de cette journée splendidement ensoleillée sont de sa fabrication. Une plage dont les édiles municipaux je suppose, préviennent les usagers par une pancarte à l'entrée, que oui, elle est grise, oui, elle est moche (sic), mais que c'est pas des raisons pour ne pas en prendre soin ! Ça aurait été vraiment super si j'avais eu le bon objectif, un gros, qui permet de bien zoomer. Un de ces jours...

    Villerville / Tigreville

    Côte normande jour 3

       Villerville, c'était bien aussi. Je m'y suis arrêté par hasard : je n'avais jamais entendu parler de cet endroit. Par contre, je me suis rapidement aperçu que j'en avais déjà vu des images. Mais je n'aurais jamais fait le lien entre ces images que j'avais vues et l'endroit lui-même, si la ville n'avait pas installé aux différents endroits concernés des panneaux pour alerter les passants. Villerville, c'est ici qu'Henri Verneuil a dirigé Gabin, Belmondo et Suzanne Flon dans Un Singe en hiver, dans lequel Villerville jouait le rôle de la Tigreville du roman d'Antoine Blondin.

    Côte normande jour 3Côte normande jour 3

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       Cette maison à la double volée de marches, c'était la gendarmerie où Gabin vient récupérer Belmondo après avoir fait scandale dans le village, et ce bistro au coin de la rue qui mène à la plage, c'est le fameux Cabaret Normand - c'est son nom dans le film, et c'est son nom en vrai (au moins depuis le film, en tout cas) - où Belmondo prend une sévère cuite parce qu'on ne boit pas à l'Hôtel des Bains de Gabin où il a pris une chambre, parce que le patron est abstinent.

    Côte normande jour 3

       Comment aurais-pu reconnaître ces endroits pimpants sous le soleil, quand la postérité les a figés en noir et blanc et sous la pluie ?

       Étrange : d'abord, je découvre cette petite station littorale avec ses quelques villas, que forcément des peintres, peut-être des compositeurs, ou d'inévitables artistes quels qu'ils soient, ont habitées, et l'endroit m'évoque la bohème, l'esprit, le style, puis, je m'aperçois que c'est ce lieu-là que Verneuil a choisi pour rendre l'étroitesse d'esprit, l'horizon barré, la vie étriquée. Question de point de vue, sûrement...

       Et puis un drôle de clin d'oeil : un peu au-dessus du coeur du village, au coin de la place aménagée de façon moderne, et de la route qui traverse le haut du village, il y a un bar, ouvert, lui, qui ne prétend pas attirer les touristes, genre PMU. Il s'appelle le Café Français. Le Cabaret Normand a-t-il trouvé plus rabougri que lui ?

       Traversée du Pays d'Auge : il faudrait que je m'arrête. Ces fermes zébrées, sur lesquelles le noir des colombages contraste avec le blanc du torchis, l'une trônant sur une butte, l'autre nichée dans un vallon, réclament mon attention. Mais j'ai décidé d'aller à Trouville, alors on verra au retour...

       Seulement Trouville est décevante. Des dizaines de villas de style XIXe et début XXe, imposantes comme des petits châteaux. C'est impressionnant. Bon. Des grosses baraques,  leurs nombreux volets fermés. Le casino, ça, il en jette ! Gigantesque, toiture d'ardoises, qu'on dirait qu'elles ont été cirées tellement qu'elles reluisent, et blancheur éclatante des murs - les repeint-on chaque année, ou bien est-ce que je tombe juste après le ravalement ? Bien. Quoi d'autre à Trouville ? Une station balnéaire, voilà voilà. À Deauville, je me contenterai d'un petit tour en voiture.

    Côte normande jour 3

      

       Fin du jour 3, vivement le jour 4.

     

    Côte normande jour 3

    Pin It

    votre commentaire
  • Le Havre, en France

    Côte normande jour 2

     

       Après la guerre qui l'a éventrée, Le Havre s'est refait un corps à la règle et à l'équerre. Béton. Larges avenues lumineuses... et battues des vents. Vent froid, aujourd'hui.

     

    Côte normande jour 2   

    Le port a de nombreux bassins. Le bassin du commerce jouxte le centre ville. Celui-ci lèche les pieds du campus.

     

     

     

    Côte normande jour 2

       Ici se rencontrent l'eau, la matière grise et les fumées blanches. Le mélange est-il fécond ?

     

     

    Côte normande jour 2Côte normande jour 2

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       Sur le port, le béton fait place au métal. Machines multicolores.

     

    Côte normande jour 2

     

    Côte normande jour 2

      

    Côte normande jour 2

     

    Côte normande jour 2

      

     

     

    Saoûlé par le vent glacial du port, je prends la route vers l'ouest, et passe la Seine.

     

     

     

     

     

     

    Côte normande jour 2

       Finies les longues lignes droites, les larges perspectives. Voilà un petit port de pêche qui laisse visiter ses vieilles pierres à tout flâneur.

     

    Côte normande jour 2

     

     

     

     

       De mousse il peut bien être question dans un musée de la Marine, mais sur le musée ?

     

     

     

     

     

    Côte normande jour 2

     

       Tant d'estaminets croisés par devant et par derrière dans cette déambulation ! Le jour 2 s'achève à une bonne table.

     

    Plus de photos sur Flickr.

    Pin It

    votre commentaire
  • Quelque part en route vers la Normandie...

     

       J'ai laissé Fécamp aux heures matinales pour revoir Étretat. En chemin, à la sortie du petit village de Toussaint, voilà ce qui s'imposait dans le paysage :

    Côte normande jour 1

     

    Côte normande jour 1

     

     

       Dans ce cas, on ne peut pas dire "les pieds dans l'eau".

     

     

     

     

     

     

     

     

    Un peu plus loin, la route traversait un frais village.

    Côte normande jour 1

     

    Côte normande jour 1

     

     

     

     

       Bourg (très) tranquille à deux pas de la côte touristique.

     

     

     

     

     

     

     

    Et puis les retrouvailles !

    Côte normande jour 1

     

    Côte normande jour 1

     

     

       Alerte orange levée, il y a encore du mouvement.

     

     

     

     

     

     

     

     

    Côte normande jour 1

     

       C'est aussi pour ça qu'on vient !

     

     

     

    La journée s'achève au Havre.

    Côte normande jour 1

     

     

    Côte normande jour 1

     

       Une promenade nocturne le long du Bassin du Commerce, qui a quand même une certaine gueule la nuit.

     

     

     

     

     

     

     

    Côte normande jour 1

     

     

     

      Hôtel Casino... où je n'ai pas retenu de chambre.

     

    Fin du jour 1.

    Pin It

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique