• Réfléchir : tout de suite !

    Réfléchir : tout de suite !   J'avais dernièrement l'idée d'ouvrir un blog, afin de partager des plaisirs de lectures et de la vie culturelle, ou tout simplement d'échanger, à tous propos. J'avais l'intention de débuter par ma réaction à la lecture de Boussole, le livre de Mathias Énard, dernièrement récompensé par le prix Goncourt.

       Et puis les évènements de cette nuit ont précipité mon besoin d'échanges, qui rejoint malgré tout ma première idée d'article : il s'agit ces temps-ci de ne pas perdre le nord, et de savoir quelle boussole nous consultons pour ne pas nous égarer dans les parages troublés que nous abordons.

       Après une telle horreur, encore une fois, c'est la sidération. Mais, et c'est affligeant de le constater, alors que l'ampleur des évènements actuels a été démultipliée en comparaison des attentats de janvier dernier - des kamikazes à la ceinture d'explosifs, plus d'une centaines de tués - il est terrible de constater que le choc que nous subissons comprend une nuance de déjà-vu, l'amorce d'une familiarité. Il est donc déjà temps de réagir.

       Nous sommes certainement beaucoup, presque immédiatement après avoir appris le drame, à nous être fait cette désormais récurrente et fataliste réflexion : "Encore des voix pour Le Pen..." C'est certain, nous allons les entendre marteler de plus belle leurs raccourcis haineux et stériles, ces champions de l'exclusion qui ne sont pas qu'à l'extrême droite, ceux pour qui le monde se partage entre les Bons - dont ils font évidemment partie - des Mauvais - groupe dont la limite est dangereusement floue - et pour qui une bonne politique consisterait purement et simplement à faire le tri entre ces deux catégories.

       Ne jamais céder à quelque forme que ce soit de cette pensée ! Aucun d'entre nous n'est à l'abri de s'y laisser aller, spécialement quand la peur et la douleur s'en mêlent.

       Les Bons et les Mauvais, ça n'existe pas, nous sommes censés avoir fait du chemin depuis la cour de récré, même s'il faut bien constater que parmi nous  se trouvent des personnes - peut-être bien des Français, ayant fréquenté l'école de la République - qui ont accumulé un tel stock de haine qu'ils choisissent de répandre le malheur autour d'eux.

       La question est donc : quelles sont les conditions dans lesquelles des êtres humains développent en eux un tel pouvoir de nuisance, pour que nous puissions éliminer ces conditions ?

       Il y a urgence à réfléchir.

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  • Commentaires

    1
    Nico Toulouzan
    Samedi 14 Novembre 2015 à 17:05
    Nico Toulouzan

    Je comprends ta question thomas et je la trouve bien évidemment pertinente : réfléchir sur les conditions de possibilité de l'horreur permet de mieux en appréhender les causes et agir ainsi pour qu'elles ne produisent pas ces mêmes effets désastreux. Ce blog et de façon général les chercheurs vont nous éclairer sur ces points. A la fois sur les politiques au sein même de la république et aussi sur les enjeux géopolitiques au Moyen-Orient. Mais là, même si la réflexion est nécessaire, notre domaine d'action est limité...De plus, que faire devant la folie ? N'échappe t-elle pas par essence à la réflexion et à toute tentative de rationalité ?

    J'ai lu après les attentats de janvier, que la plupart des psychologues s’accordaient à dire que l'humiliation, la dévalorisation de soi sont les terreaux où germent ces comportements les plus radicaux. Alors, pour ma part, cette réflexion sur les conditions...me pousse à être attentif à ces paramètres : jusqu'à quel point suis-je un acteur de humiliation de l'autre et de sa dévalorisation. En même temps que nous nous interrogeons sur les causes d'un esprit barbare, n'oublions pas jusqu'à quel point nous sommes barbares !

    A +tard

      • Samedi 14 Novembre 2015 à 18:11

        Notre action de citoyens, à mon avis, c'est plus que jamais de savoir répondre aux discours d'exclusion qui risque d'avoir la part toujours plus belle. Et soi-même, savoir rester ferme sur ses convictions : nous allons tous devoir nous situer dans un courant dominant de repli.

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