• A mes très chers Inrocks   Ah ! ce plaisir hebdomadairement renouvelé de la découverte d'un nouveau numéro de son magazine préféré ! Voilà le numéro 1043, du 25 novembre au 1er décembre 2015, des Inrockuptibles, qui vient d'arriver, que vais-je y trouver de bon cette semaine ?

       D'abord, feuilleter le magazine de la première à la dernière page, après éventuellement une lecture de l'éditorial, selon son titre. Cette semaine, intitulé "union de façade", je le lis. Toute réflexion relative aux conséquences des attentats de Paris sur notre société, retient mon attention. Et puis, Frédéric Bonnaud m'est sympathique, non seulement du fait de son patronyme qui m'en fait un hypothétique cousin, mais évidemment pour ses analyses, qu'en général je partage, ce qui cette semaine encore se vérifie : l'article est une mise en évidence des limites de la réaction aux attentats qui a été celle du pouvoir jusqu'à maintenant.A mes très chers Inrocks

       Si les mesures "de fermeté" qui ont été prises - état d'urgence, amplification de l'action menée dans le cadre de la coalition engagée en Syrie - ont l'avantage, en plus d'être nécessaire, de couper l'herbe sous le pied à la droite, car elle aurait pris les mêmes, elles ne sauraient suffire : on n'éliminera pas un ennemi comme Daesh au seul moyen des bombardements, et on n'empêchera pas des Français désorientés , ou des Belges azimutés, de se faire sauter au milieu de nous, leurs compatriotes, l'état d'urgence durerait-il indéfiniment, remarques assurément inspirées par une conscience de gauche. Quelles actions au-delà des déclarations du président pour assurer que nous ne sacrifierons pas nos valeurs républicaines sous la menace de Daesh, et de la fermeté du premier ministre ?

       J'aime ce positionnement critique de l'éditorialiste, qui sait me mettre dans la situation de moi-même chercher des éléments de réponse aux questions qu'il pose.A mes très chers Inrocks

       Il y a quelques temps - trois ans, en fait - c'était un éditorial signé Serge Kaganski qui m'avait fait réagir. L'article faisait le point sur les premiers mois de la présidence Hollande, sous un titre du genre "Lueurs d'espoir". A l'époque, j'étais un peu déçu de mes chers Inrocks, qui sans déclarer un soutien explicite au futur président pendant sa campagne, l'avaient tout de même bien appuyé, nonobstant la nature franchement sociale-libérale du pouvoir qui s'annonçait, alors qu'ils avaient réservé à mon candidat, celui du Front de Gauche, des papiers mi-figue, mi-raisin. J'avais eu les honneurs de la publication au courrier des lecteurs durant cette période, tantôt dans l'édition papier, tantôt sur le blog des Inrocks, comme cette fois où j'avais réagi à un pitoyable entrefilet, dans lequel un contributeur au journal avait cédé à l'injustifiable calomnie consistant à rapprocher Mélenchon de la candidate d'extrême-droite. Quelques mois plus tard, donc, le candidat "appuyé" par le journal ayant accédé au pouvoir, les réactions du magazine à l'exercice de ce pouvoir se faisaient extrêmement mesurées, exception faite de la loi instituant le mariage pour tous, tandis que par ailleurs, et jusqu'à aujourd'hui, lorsqu'il lui arrive de se faire l'écho des positions de l'ex-candidat du Front de Gauche, c'est sans plus jamais accompagner cette démarche de commentaires visant à son discrédit, mais au contraire pour rester sur le fond politique des propos.A mes très chers Inrocks

       Dans son édito, on sentait toute la difficulté qu'éprouvait Serge Kaganski à dénicher ces "lueurs d'espoir", et j'avais cette fois encore écrit un courrier non dénué d'amertume pour objecter qu'il était plutôt vain, voire un peu ridicule, de chercher les marques d'une politique de gauche au plein sens de ce terme, dans l'action d'un président qui ne s'était pas fait élire sur une telle promesse. Mais outre la petite vanité d'avoir cette fois aussi été publié au courrier des lecteurs - quoique le texte ait été tronqué, pour ne pas dire caviardé, mais c'est certainement la loi du genre - ce qui a été pour moi un puissant ingrédient de mon attachement à mes chers Inrocks, c'est d'avoir reçu dans ma boîte mail une réponse de Serge Kaganski soi-même, à moi-même adressée. Pas la petite réponse de circonstance, mais un texte quelque peu développé, complémentaire de l'éditorial, dont l'effet à moins été de me convaincre de son propos, que du souci de ce journaliste d'être entendu de ses lecteurs, et de l'estime dans laquelle il les tient, ainsi que leurs avis.

       Alors depuis, à ce journal je retourne ses attentions, et je tiens d'emblée en haute estime ce que j'y trouve.

       Cette semaine : A mes très chers Inrocksle premier tiers du magazine est consacré à ce qui nous arrive depuis que certains d'entre nous en massacrent d'autres au coeur même de la Ville Lumière - lecture indispensable - puis viennent des interviews, d'abord celle d'un grand artiste, Etienne Daho, sous le titre intriguant de : "le succès peut arriver d'un malentendu", puis celle d'un grand acteur, parmi mes favoris, Christian Bale, au casting du dernier film d'un grand réalisateur, Terrence Malick, ensuite quatre textes chacun rédigé par un auteur ayant sorti un livre lors de la dernière rentrée littéraire - lecture prometteuse d'accès à des secrets de la condition d'écrivain, ô combien enviée de moi - des critiques de films, dont le dernier Malick  et le dernier des frères Larrieu - que du réjouissant - et puis il y aura forcément des A mes très chers Inrocksdécouvertes, la curiosité suscitée par les articles des pages "Musiques" et "Livres" dans lesquelles le survol initial n'avait d'emblée rien repéré.

       Voilà. Ces quelques réflexions sur la tendresse que je porte à mes très chers Inrocks étant faites, je vais pouvoir me plonger tout à fait dans ses pages, en brasser et embrasser toute la matière, jusqu'à épuisement, avant réitération du cycle mercredi prochain...

     

    Post-scriptum : à lire dans le blog de Serge Kaganski, sur le site des Inrocks, un intéressant article intitulé "Je ne sais rien, mais je dirai tout", relatif à ce qui nous préoccupe, depuis que certains d'entre nous en massacrent d'autres, en plein Paris.

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