• Lecoq est parti

    Lecoq est parti  C’était un auteur-compositeur-interprète, méconnu du grand public, reconnu par la critique : Thierry Lecoq est mort avant-hier le 14 janvier, chez lui, d’un infarctus, le jour même de ses 50 ans.

      Cette oeuvre, discrète, qui était la sienne, c’était une chanson à la poésie délicate, habillée de mélodies soignées,  oeuvre à l’image de son auteur, un garçon discret, gentil, souriant, qui ne faisait pas son âge, ce demi siècle qu’il a tout juste atteint, avant de s’en aller.

      L’actualité est ponctuée des disparitions d’auteurs et d’artistes, et dernièrement le rythme de ces disparitions a été plutôt soutenu. Mais si les récents décès d’auteurs majeurs, l’un du rock, tendance métal, un autre de la chanson française, un troisième de la pop mondiale ont retenu mon attention, ils n’ont guère eu davantage d’effet sur moi. Leur oeuvre est close, c’est dommage, et triste, mais toutes trois ont largement rayonné. Et puis je n’ai jamais eu l’honneur de croiser ces gens-là. Le départ de Thierry Lecoq, c’est autre chose. Pourtant je ne le connaissais qu’un tout petit peu, et je n’ai en fait que rarement écouté sa musique.

      Je me souviens d’un petit concert, ou d’une espèce de showcase qu’il avait donné à la médiathèque de Saint-Herblain. C’était un après-midi, le public était rare. Il chantait assis. Entre les morceaux, il donnait le sentiment de se cramponner à sa guitare, vulnérable. Mais quand il jouait, sa chanson devenait un monde qu’il habitait aussitôt avec sérénité.

      C’était il y a quinze ou vingt ans, des gens à Libé et aux Inrocks suivaient déjà l’oeuvre de Lecoq, et la question qu’on se posait était de savoir quand son audience s’élargirait. Il y aurait forcément un titre qui finirait par passer sur France Inter. A l’époque Dominique A, Katerine et Jeanne Cherhal étaient encore nantais, on les croisait en ville, ils étaient tous les trois engagés sur le chemin de la notoriété, Lecoq finirait par l’emprunter lui aussi…

      Le voulait-il ? Je le suppose : consacre-t-on sa vie aussi constamment à l’élaboration de ces mondes sonores si ce n’est pour les faire partager le plus largement possible ?

      L’homme est parti, mais ces mondes qui sont son oeuvre, restent.

     

     

    Discographie :- La Fenêtre (Nada - 1999)
    - Interludes (Saravah - 2002)
    - Tête de Gondole (Saravah - 2005)
    - D'Arradon (Arbouse recordings - 2009)
    - Chaconnes (Hollistic Music - 2013)

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