• Gauche désorientée, gauche déchirée... mais gauche, euh...

      À gauche, nous avons perdu le nord. Au pouvoir, un gouvernement issu de nos votes, contre lui dans la rue, un mouvement issu de nos rangs. (La bise à nos compatriotes de droite.)

      Paradoxal, mais rien que de prévisible, pour tous ceux qui n’étaient pas dupes du gros flan(by) que constituait la gonflée saillie du Bourget “Mon ennemi, c’est la finance !”, son auteur ayant alors réussi l’enfumage de tous les autres, s’étant abstenu de préciser quelle serait son attitude vis-à-vis de ses puissants ennemis, à savoir des salves de ronrons et de câlinoux.

      Paradoxalement encore, la gauche censément détentrice du pouvoir se livre une guerre intestine, mais cela, parce que justement, enfin, les clivages qui la traversent sont devenus clairs. Ceux qui jusqu’au Bourget n’étaient libéraux qu’en secret, le sont désormais au grand jour.

      Ce qui est donc maintenant clair, c’est que cette fracture qui traverse la gauche se situe au coeur-même de ce qui est censé la définir : l’analyse des causes de la mauvaise répartition des richesses. Les uns, au pouvoir, sont convertis à l’analyse prévalant à droite, les “charges”, “pesant” sur l’activité, et qui valent des droits aux travailleurs, sont ce qui empêche l’activité d’offrir du travail aux travailleurs, les autres, dans la rue, refusent au moins d’abandonner leurs droits, au mieux font valoir une analyse plus complète : pour une meilleure répartition des richesses, une autre politique fiscale pourrait être menée, un encadrement du niveau des revenus, un infléchissement de l’activité par la transition écologique… La première des deux orientations prévaut partout dans le monde, on ne voit pas qu’elle profite à d’autres qu’aux puissants. La seconde ne demande qu’à mieux se définir, et faire ses preuves, mais essayer, c’est prendre un risque : en 81 aussi on a voulu faire autrement, et ça n’a pas marché…

      À la croisée des chemins où nous nous trouvons donc, certains pour accélérer la clarification ont lancé une campagne : ne plus jamais voter pour un candidat du PS, quel que soit le cas de figure, il s’agit en l’occurrence de François Ruffin, dans cet article de Libé.

      Pas d’accord !

      C’est vrai qu’on en a soupé de voter par défaut depuis tellement longtemps, mais enfin la démocratie est un système dans lequel mis à part les soutiens directs d’un candidat (dans un scrutin à deux tours, il s’agit de ses électeurs du premier tour) sont les seuls à se trouver vraiment satisfaits de son élection, et tous les autres à devoir faire avec. Si donc on veut se trouver satisfait au terme de l’élection il n’y a qu’une seule solution : établir le meilleur projet possible, et convaincre de sa valeur. Pour moi, ce chantage à l’accession de la droite ou de l’extrême-droite au pouvoir est aussi ridicule que les injonctions au vote utile. Que chacun prenne plutôt ses responsabilités, et cela commence par présenter un programme politique cohérent, pas autre chose.

      … ce qui n’est pas une mince affaire…

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