•    Le vote est un acte souverain. Personne ne doit être contraint dans son choix, de voter, de ne pas voter, ou du bulletin qu’il glisse dans l’urne. En revanche, chacun est bienvenu d’exprimer son choix, et ce qui le motive.

      Au deuxième tour de l'élection présidentielle, les choix que feront chacun d'entre nous vont peser lourd. Le mien sera de contribuer à la défaite de la candidate d’extrême droite à l’aide du bulletin portant le nom de son concurrent. Car le vote n'est pas toujours un choix par adhésion (pas assez souvent ?), et peut tout à fait consister à éliminer un des deux postulants. Que j’y aille, ou pas, l’un/une des deux sera élu(e), alors puisque l’une, en l’occurrence, des deux représente le pire, pourquoi déposer la seule arme qui reste ? Je le répète : que j’y aille, ou pas, un candidat qui ne me représente pas sera élu, alors autant y aller.

    Si elle est battue comme je l’espère, son concurrent ne risque-t-il pas de se réclamer de mon suffrage ? Ça m’est bien égal ! J’aurai fait mon choix en conscience, et sans rien attendre de lui. C’est ce que j'ai fait en 2002 pour éliminer le père, et en 2012 pour éliminer le représentant en Kärcher, je n’attendais rien de leurs concurrents élus, car je savais n’avoir rien à en attendre, ainsi je n’ai pas été déçu. Et j'ai contribué à éviter pire qu’eux. Au fait, combien sommes nous à penser qu’un candidat représentant le centre, et un programme de régression sociale, c’est malgré tout moins pire qu’une candidate d'extrême droite, annonçant des politiques xénophobes en plus des inévitables régressions sociales qui adviendront ? Moi, mon avis là-dessus n'a pas changé.

    Si au contraire elle est élue, ce qui n’a rien d’inimaginable, étant donné le nombre d’abstentionnistes s’annonçant, et quand pourra alors entrer en vigueur la loi instituant l’école payante pour les enfants étrangers, bien sûr j’irai manifester, mais en plus je pourrai me dire : quand je l'ai pu, j'ai usé du seul moyen en mon pouvoir pour que cela n’arrive pas.


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  •   Formidable ! Il y a longtemps que je n’ai plus voté PS au 1er tour d’une élection nationale (la dernière fois, c’était en 95), mais là, ce qui vient de se passer à la primaire de la “Belle Alliance Populaire” me réjouit : in extremis, les lignes bougent, et dans le bon sens ! Sauf accident, Hamon sera le représentant du PS et de ses alliés à la présidentielle. Quelles conséquences ?

     

      1/ Les sociaux-libéraux plus ou moins masqués risquent de rejoindre Macron ?

    Excellent ! Depuis le temps que la principale force de gauche pâtissait du flou idéologique, les choses vont enfin pouvoir s’éclaircir. Je serais étonné qu’ils entraînent à leur suite de gros bataillons de militants… Au contraire, les troupes vont pouvoir se remotiver, à pouvoir enfin porter un projet clair, et réellement progressiste.

     

      2/ Valls battu appellera-t-il ou non à voter Hamon comme ce devrait être la règle d’une primaire ?

    On s’en fout ! S’il le fait, tant mieux, mais que ce soit sans concessions au projet, et s’il ne le fait pas, tant pis : je parierais qu’une bonne part de ses électeurs du premier tour l’ont moins choisi pour l’idéologie qu’intimidés par la prétendue stature d’homme d’état qu’on a voulu leur vendre, autrement dit, rien n’indique à l’avance qu’ils partiront tous chez Macron.

     

      3/ Hamon sortant vainqueur d’une primaire peu mobilisatrice pourra-t-il espérer un bon score à la présidentielle ?

    Pour l’instant, tout ce qu’on peut affirmer, c’est que seul le premier tour de la primaire a été peu mobilisateur, pour le deuxième tour, ça reste à voir. M’est avis qu’une affiche Hamon / Valls, ça peut ramener davantage de monde, que ce soient des électeurs PS, mais aussi au-delà : combien sommes-nous qui tenterons dimanche prochain de ramener Valls à ses 5 % d’il y a cinq ans ? Et combien vont découvrir et  intégrer la dynamique du projet Hamon ? Que diront les commentateurs, si la participation dépasse les deux millions ?

     

      4/ Alors, Hamon et Mélenchon vont-ils faire doublon ?

    Ben non ! Au contraire, c’est une super occasion ! La proximité des projets renforce la crédibilité de l’un et de l’autre. Inutile donc, et même contre-productif, pour l’un de vouloir taper sur l’autre de peur qu’il ne lui pique des voix, cette attitude sera démobilisatrice (moi, je serai démobilisé…), et reviendra à insulter le deuxième tour de la présidentielle. Si l’un des deux passe le premier tour, sera-t-y pas content de compter sur la bienveillance, voire la participation active, de l’autre, pour une marche à la victoire finale ?

     

      Qu’est-ce qu’on risque ? La saignée du docteur Fillon. Qu’est-ce qu’on peut gagner ? Qu’un projet résolument progressiste - celui d’Hamon, celui de Mélenchon, voire un hybride des deux -  mobilise l’électorat. Moi, mon vote ira à celui des deux qui se montrera le plus bienveillant envers l’autre...

     

      Alors, cette recomposition, elle commence, ou pas ?


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  •   Ça y est, ces cinq ans de maldonne prennent fin : en sommes nous réduits à croiser les doigts pour que le pire ou l’un peu moins pire n’advienne pas ?

      Le pire : sa menace peut grossir cette fois-ci encore, mais advenir, ça ne devrait pas être possible. Il n’y a pas cette fois encore une majorité de gens qui y sont prêts. Ça suppose tout de même que dans le cas - probable - où le pire soit sélectionné pour le deuxième tour de la présidentielle, le nombre de ceux qui lui feront barrage, en votant pour le moins pire, reste élevé. On a déjà connu ça, ça fait mal, mais si on doit en arriver à cette situation - probable, sans heureusement être certaine - je souhaite que nous soyons nombreux à ne pas nous laver les mains du résultat, sous le faux prétexte que le pire et le moins pire, c’est la même chose.

      Le moins pire : il faut se méfier de verser dans le fatalisme et de le voir déjà advenu, quand on voit bien que ça renâcle dans ses propres rangs, et que ses réserves de mauvais coups à se donner à soi même sont pleines à ras bord.

      L’un peu moins pire encore, qui n’est prétendument ni d’un bord ni de l’autre (et capable de copiner avec de Villiers !) : il ne devrait prendre beaucoup de suffrages à gauche que si le vainqueur de la primaire porte l’héritage de ces cinq ans de maldonne. Qu’est-il à même de prendre à droite et au centre ? On verra bien…

      On peut espérer une victoire de la gauche - mince espoir, espoir quand même. À quelles conditions ? Que le vainqueur de la primaire soit Hamon ou Montebourg, et qu’ensuite soit celui d’entre eux qui aura été choisi, soit Mélenchon, accède au deuxième tour de la présidentielle. Toutes choses qui ne sont pas impossibles, mais indispensables : il n’y a que d’eux qu’on puisse attendre qu’ils appellent à voter Mélenchon au deuxième tour de la présidentielle, et dans le cas où c’est l’un d’eux qui accèderait au deuxième tour, il n’y a que pour l’un d’eux, qu’on peut penser que Mélenchon puisse appeler à voter.

      J’irai donc voter à la primaire, pour Hamon, et s’il est vainqueur, j’attendrai le dernier moment pour me décider, soit à lui renouveler ma voix, soit à l’apporter à Mélenchon, en fonction du mouvement que je sentirai se dessiner en faveur de l’un ou de l’autre, au premier tour de la présidentielle.

      Y a moyen !


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  •   À gauche, nous avons perdu le nord. Au pouvoir, un gouvernement issu de nos votes, contre lui dans la rue, un mouvement issu de nos rangs. (La bise à nos compatriotes de droite.)

      Paradoxal, mais rien que de prévisible, pour tous ceux qui n’étaient pas dupes du gros flan(by) que constituait la gonflée saillie du Bourget “Mon ennemi, c’est la finance !”, son auteur ayant alors réussi l’enfumage de tous les autres, s’étant abstenu de préciser quelle serait son attitude vis-à-vis de ses puissants ennemis, à savoir des salves de ronrons et de câlinoux.

      Paradoxalement encore, la gauche censément détentrice du pouvoir se livre une guerre intestine, mais cela, parce que justement, enfin, les clivages qui la traversent sont devenus clairs. Ceux qui jusqu’au Bourget n’étaient libéraux qu’en secret, le sont désormais au grand jour.

      Ce qui est donc maintenant clair, c’est que cette fracture qui traverse la gauche se situe au coeur-même de ce qui est censé la définir : l’analyse des causes de la mauvaise répartition des richesses. Les uns, au pouvoir, sont convertis à l’analyse prévalant à droite, les “charges”, “pesant” sur l’activité, et qui valent des droits aux travailleurs, sont ce qui empêche l’activité d’offrir du travail aux travailleurs, les autres, dans la rue, refusent au moins d’abandonner leurs droits, au mieux font valoir une analyse plus complète : pour une meilleure répartition des richesses, une autre politique fiscale pourrait être menée, un encadrement du niveau des revenus, un infléchissement de l’activité par la transition écologique… La première des deux orientations prévaut partout dans le monde, on ne voit pas qu’elle profite à d’autres qu’aux puissants. La seconde ne demande qu’à mieux se définir, et faire ses preuves, mais essayer, c’est prendre un risque : en 81 aussi on a voulu faire autrement, et ça n’a pas marché…

      À la croisée des chemins où nous nous trouvons donc, certains pour accélérer la clarification ont lancé une campagne : ne plus jamais voter pour un candidat du PS, quel que soit le cas de figure, il s’agit en l’occurrence de François Ruffin, dans cet article de Libé.

      Pas d’accord !

      C’est vrai qu’on en a soupé de voter par défaut depuis tellement longtemps, mais enfin la démocratie est un système dans lequel mis à part les soutiens directs d’un candidat (dans un scrutin à deux tours, il s’agit de ses électeurs du premier tour) sont les seuls à se trouver vraiment satisfaits de son élection, et tous les autres à devoir faire avec. Si donc on veut se trouver satisfait au terme de l’élection il n’y a qu’une seule solution : établir le meilleur projet possible, et convaincre de sa valeur. Pour moi, ce chantage à l’accession de la droite ou de l’extrême-droite au pouvoir est aussi ridicule que les injonctions au vote utile. Que chacun prenne plutôt ses responsabilités, et cela commence par présenter un programme politique cohérent, pas autre chose.

      … ce qui n’est pas une mince affaire…

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  • Réfléchir : tout de suite !   J'avais dernièrement l'idée d'ouvrir un blog, afin de partager des plaisirs de lectures et de la vie culturelle, ou tout simplement d'échanger, à tous propos. J'avais l'intention de débuter par ma réaction à la lecture de Boussole, le livre de Mathias Énard, dernièrement récompensé par le prix Goncourt.

       Et puis les évènements de cette nuit ont précipité mon besoin d'échanges, qui rejoint malgré tout ma première idée d'article : il s'agit ces temps-ci de ne pas perdre le nord, et de savoir quelle boussole nous consultons pour ne pas nous égarer dans les parages troublés que nous abordons.

       Après une telle horreur, encore une fois, c'est la sidération. Mais, et c'est affligeant de le constater, alors que l'ampleur des évènements actuels a été démultipliée en comparaison des attentats de janvier dernier - des kamikazes à la ceinture d'explosifs, plus d'une centaines de tués - il est terrible de constater que le choc que nous subissons comprend une nuance de déjà-vu, l'amorce d'une familiarité. Il est donc déjà temps de réagir.

       Nous sommes certainement beaucoup, presque immédiatement après avoir appris le drame, à nous être fait cette désormais récurrente et fataliste réflexion : "Encore des voix pour Le Pen..." C'est certain, nous allons les entendre marteler de plus belle leurs raccourcis haineux et stériles, ces champions de l'exclusion qui ne sont pas qu'à l'extrême droite, ceux pour qui le monde se partage entre les Bons - dont ils font évidemment partie - des Mauvais - groupe dont la limite est dangereusement floue - et pour qui une bonne politique consisterait purement et simplement à faire le tri entre ces deux catégories.

       Ne jamais céder à quelque forme que ce soit de cette pensée ! Aucun d'entre nous n'est à l'abri de s'y laisser aller, spécialement quand la peur et la douleur s'en mêlent.

       Les Bons et les Mauvais, ça n'existe pas, nous sommes censés avoir fait du chemin depuis la cour de récré, même s'il faut bien constater que parmi nous  se trouvent des personnes - peut-être bien des Français, ayant fréquenté l'école de la République - qui ont accumulé un tel stock de haine qu'ils choisissent de répandre le malheur autour d'eux.

       La question est donc : quelles sont les conditions dans lesquelles des êtres humains développent en eux un tel pouvoir de nuisance, pour que nous puissions éliminer ces conditions ?

       Il y a urgence à réfléchir.

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